Défauts et garanties

En cas d’achat d’un véhicule

La liberté contractuelle

En Suisse, le principe qui prévaut est la liberté contractuelle. Ainsi, ni le vendeur, ni le fabriquant, ne sont légalement tenus d’accorder une garantie et ils peuvent supprimer la garantie que la loi accorde faute d’accord contraire. Un véhicule neuf bénéficie en principe toujours d’une garantie du fabricant (garantie d’usine), qui vous est transmise par l’importateur et le concessionnaire vendeur. Cette garantie du fabricant remplace celle du vendeur, si elle est au moins aussi longue et complète.

La garantie du vendeur et la garantie du fabriquant

La garantie du vendeur est prévue par la loi. Si le contrat ne prévoit rien, le véhicule est garanti pour une durée de 2 ans. Le contrat peut exclure toute garantie (art. 199 CO) ou prévoir une durée de garantie plus longue. S’il n’exclut pas la garantie, il doit l’accorder pour une durée de 2 ans au moins. Il ne peut par contre pas prévoir une durée de garantie plus courte, sauf si le véhicule est un véhicule d’occasion, dans quel cas la garantie peut être réduite contractuellement à 1 an (art. 208 CO).

La garantie du fabriquant n’est, contrairement à celle du vendeur, pas prévue par la loi. Ainsi, une telle garantie n’existe que si un contrat le prévoit expressément. Il n’existe de ce fait pas non plus de durée minimale pour la garantie.

Néanmoins, les véhicules neufs sont en principe toujours garantis par le fabriquant, ce qui permet à l’acheteur de se retourner directement contre le fabriquant ou, à choix, contre le vendeur.

Ce que couvre la garantie

La garantie du vendeur peut être détaillée dans les conditions générales de vente. Toutefois, il existe également des règles légales, certaines facultatives, d’autres obligatoires. Parmi les règles obligatoires se trouve notamment celle qui interdit au vendeur d’exclure sa garantie pour les défauts cachés qu’il connaissait au moment de la vente.

La garantie du fabriquant est totalement contractuelle et la loi ne prévoit rien. C’est donc uniquement le contrat ou les conditions générales de garantie du fabriquant qui déterminent l’étendue de la garantie.

Les obligations de l’acheteur pour faire valoir la garantie du vendeur

La vérification du véhicule

La loi autorise le vendeur à refuser toute garantie pour les défauts que l’acheteur aurait pu constater au moment de la vente et examinant le véhicule avec suffisamment d’attention, sauf si le vendeur l’a dissuadé de vérifier certains points par des promesses ou affirmations mensongères (art. 200 du Code des obligations). Ainsi, cette disposition oblige l’acheteur à faire preuve de diligence et à tout mettre en œuvre pour déceler les défauts qu’un acheteur lambda peut usuellement déceler.

Cette vérification concerne principalement l’achat de véhicules d’occasion. N’hésitez pas à consulter les conseils des Avocats de la route sur l’achat d’un véhicule d’occasion.

L’acheteur a également l’obligation de vérifier le véhicule au moment où celui-ci lui est livré et de signaler immédiatement les défauts qu’il a constatés. Si l’acheteur ne le fait pas, il perd le droit de se prévaloir du défaut, évidemment sauf si le défaut n’était pas détectable (art. 201 CO). 

L’avis des défauts

Pour faire valoir la garantie, l’acheteur a l’obligation de signaler « immédiatement » tout défaut qu’il constaterait. On admet seulement quelques jours en général.

Cela vaut tant pour les défauts existants dès la livraison du véhicule que pour les défauts ultérieurs, pour autant qu’ils surviennent pendant la durée de la garantie. Si l’acheteur tarde à aviser le vendeur des défauts, il sera réputé avoir accepté le véhicule avec ces défauts et le vendeur peut refuser d’entrer en matière sur la garantie.

La seule exception à ce principe est celle du « dol du vendeur », soit lorsque ce dernier a volontairement induit l’acheteur en erreur quant à l’existence d’un défaut. Dans ce cas, le vendeur  ne peut pas invoquer la tardiveté de l’avis du défaut pour refuser la garantie.

Il est vivement conseillé d’avertir le vendeur du défaut constaté par écrit, par pli recommandé, afin de pouvoir prouver, en cas de litige, que l’avis des défauts a été fait à temps.

La prescription

L’acheteur ne peut se prévaloir d’un défaut que pendant la durée de la garantie, même si le défaut apparaît plus tard (art. 210 du Code des obligations). Il doit non seulement aviser le vendeur du défaut, mais également avoir introduit toute action utile pour faire valoir ses droits. Il faut donc agir vite, surtout lorsque le défaut survient en cours de garantie.

Après une intervention de votre garagiste

Le garagiste est un entrepreneur. C’est donc les règles sur le contrat d’entreprise qui s’appliquent. Ainsi, si les réparations effectuées ou les modifications effectuées par votre garagiste sont défectueuses, vous avez également des droits à son encontre. La garantie du garagiste, prévue aux articles 367 et suivant du Code des obligations, est plus ou moins semblable à celle du vendeur, puisque les dispositions légales du contrat d’entreprise renvoient aux dispositions relatives à la garantie du vendeur.

A noter qu’il n’est pas nécessaire qu’un document écrit ait été signé pour qu’il y ait contrat. Le contrat d’entreprise ne doit pas obligatoirement être passé par écrit. Il est réputé conclu, oralement, dès que vous confiez à votre garagiste votre véhicule en vue d’une réparation.

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